Pascal Rabaté, la poésie du réel
Je digresse un peu pour vous parler de la grande découverte bédé de l’année dernière : «Les petits ruisseaux» de Pascal Rabaté.

C’est tellement bien que ça sort en film. Je ne vais donc pas vous parler de cette bédé précisément car les médias le feront bien mieux que moi, je ne vais pas vous parler non plus d’une autre bédé du même auteur : «la Marie plastique» en 2 tomes, avec David Prudhomme, toujours collection futuropolis et qui s’inscrit dans la même veine, je vais vous parler du style Rabaté.
Ça fait drôle d‘être surpris en bédé de nos jours mais là, d’un abord simple, le dessin se fond rapidement avec l’histoire pour se muer en film, pas surprenant que l’auteur se retrouve d’ailleurs au cinéma tellement ses bédés sont vivantes : tout y est ! Chaque détail du dessin a son importance, il n’y a rien à enlever ! La petite assiette au mur «souvenir de Cancale», le gamin plein de jouets, la grande devant la télé à qui on dit “vient mettre la table”, le beau frère avec son t-shirt du ché en panne de vis à placo… j’en passe et des meilleures.
Les dialogues ne sont pas en reste, c’est du vrai, du vécu, du bien de chez nous, ça colle aux personnages et là encore le détail a son importance, les silences aussi.
L’histoire est le vrai tour de force de ces oeuvres car le scénario est délicieusement fin : il s’agit ni plus ni moins de poésie et pas n’importe laquelle : la poésie du réel. L’histoire de tout le monde, la solitude, l’amour, la vieillesse, la sexualité, le communisme, la vie de famille, de village et tout cela sans compromis de l’auteur. Puis le réel nous surprend, nous emmène, nous émeut … merci M. Rabaté, c’est très bien vu, on lit, on relit et on recommence pour le plaisir.

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